Les Grenadines… ça se mérite !

Mardi soir nous avons réceptionné nos 3 hôtes de passage pour la semaine. Après un diner rapidement expédié, nous nous sommes préparés à larguer les amarres. Mais l’écoute de la mise à jour du dernier Bulletin Météo Spécial qui indiquait une augmentation des vents de 1 échelon par rapport aux précédentes prévisions, nous a finalement incité à passer la nuit au port pour viser la fenêtre de légère accalmie annoncée le lendemain.

Nous avons quitté Le Marin, mercredi matin à 8h03. La traversée du canal de Sainte Lucie s’est faite sans problème. Sous 3 ris et 2 tours dans le génois nous avons eu une belle navigation. Arrivés vers 13h30, nous avons pris une bouée au pied des 2 pitons au sud de Sainte Lucie. Cette halte en milieu de journée avait pour but de nous permettre d’éviter d’arriver, une petite soixantaine de miles plus loin, en pleine nuit à Béquia, port d’entrée des Grenadines. Après une baignade au pied du majestueux piton, un magnifique coucher de soleil et un ptit diner, nous nous sommes préparés pour reprendre notre route. Le tout petit croissant de lune de ce soir-là s’est couché au moment où nous avons lâché notre bouée. C’est donc dans une nuit noire sans aucun reflet que nous nous sommes extirpés de notre mouillage. Abrités par nos pitons, les vents du début de soirée ont été un peu erratiques. Mais très rapidement les conditions ont changé. Le vent s’est mis à souffler entre 23 et 30 nœuds avec une mer bien formée. Etant donné l’obscurité totale dans laquelle nous étions, il était impossible de voir les vagues et d’appréhender les creux. Sensations assez étranges que de foncer dans le noir à bonne vitesse sans rien y voir. La chance nous a permis de ne pas croiser la dérive de filets.

De temps en temps, on pouvait voir l’écume blanche d’un train de vague casser à quelques mètres ou moins du bateau. Avec Jean, nous nous sommes relayés à la barre toute la nuit pendant que le reste de l’équipage jonglait à l’intérieur entre les seaux, le bruit des vagues se fracassant sur les coques et le franchissement de celles-ci effectué sans amortissement aucun par les barreurs, faute de lumière.

Une fois le canal entre Sainte Lucie et Saint Vincent effectué, nous avons eu une accalmie d’environ 1h30 sous le vent de cette nouvelle île. Mais si tôt, notre protection naturelle perdue, nous avons retrouvé des conditions assez costauds entre Saint Vincent et Béquia. Le lever du jour nous a permis de constater des creux de plus de 3m accompagnés de rafales à 35 nœuds. Y’a pas de doute, comme le chante certain… la plaisance c’est l’pied !!

Arrivés à Béquia à 7h30, nous avons pris une bouée et un ptit déj reconstructeur avant d’aller à terre faire les formalités et un petit tour de la ville. Vers 14h00 alors que nous étions tranquillement installés en train de prendre un café face au mouillage, nous avons pu voir passer un 40 pieds tout droit sans personne à la barre…. Il semble que son mouillage ait rompu. Après une course assez aléatoire, le bateau a fini par aller s’arrêter sur un catamaran. De retour sur notre bateau, l’inspection de notre mouillage m’a laissé assez dubitatif… L’encrage fait d’une succession de morceaux de chaine de différents diamètres et de bouts, n’avait rien de très académique ! Les rafales de vent à 20/25 nœuds et le bateau situé derrière nous à moins de 10m n’avaient rien de très rassurant non plus… Après une ptite nuit entrecoupée de « plages d’observation » sur le pont, le petit jour a fini par revenir !

Les jours suivants, nous avons commencé notre recensement des iles Grenadines : Canouan, Petit Rameau, Petit Bateau, Union… Hier, nous avons fait un stop à «The spot » des Grenadines : Tobago Cays. Au menu, magnifique petit archipel d’iles aux dégradés de bleus carte postale, rencontres avec nos premières tortues, baignade au milieu des récifs et des poissons. Journée terminée par un succulent barbeuc de langoustes sur la plage en face du bateau. Dans ces moments- là, la vie se suffit à peu de choses… 🙂

PS : Depuis 2 jours, Manon se re-baigne… !