Grosse première !

Mercredi matin, après avoir dégagés rapidement en début de journée de notre mouillage rouleur et fatiguant face à l’île ronde, nous nous sommes mis en route pour Saint Georges, capitale de Grenade et point de dépose de nos invités.

La houle orientée dans l’axe du bateau et le vent poussant plein vent arrière nous a permis d’avoir une belle navigation avec les voiles en ciseaux. Une fois le bateau bien calé, nous avons eu la riche idée de relancer notre canne à la traine…

Surmotivés par notre pêche de Gorettes de la semaine dernière, nous étions repassés chez le marchand de pêche avant de nous lancer dans les Grenadines, histoire de nous équiper un peu plus sérieusement ! Mais, il faut bien reconnaitre que jusqu’alors, l’amortissement du matériel faisait plutôt pale figure : nous n’avions pas eu une touche. Cela s’expliquait certainement par la mer agitée qui ne nous a pas quittés depuis notre départ du Marin… !

Mercredi matin, nous étions tranquillement en train de descendre vers notre destination, lorsque Martin qui venait de rajouter un peu de mou à notre ligne a senti une raideur dans la canne. Après quelques tours de moulinet me laissant circonspect, car sans résistance ressentie, j’ai tout d’un coup pu constater qu’effectivement la ligne se tendait méchamment et la canne s’arc-boutait de façon impressionnante. Il y avait bien quelque chose… Malgré le resserrage du frein de la canne, le moulinet continuait à se dérouler, difficile de l’arrêter. Pendant qu’une partie de l’équipage rentrait le génois pour que le bateau soit plus simple à barrer, l’autre ramenait patiemment mètre après mètre notre belle prise. C’est alors que l’improbable s’est produit ! Un petit banc de dauphins est passé entre notre poisson et le bateau. Nous nous apprêtions à vivre le Vieil homme et la mer en direct live ! Après quelques inquiétudes et une fois le banc passé, nous avons constaté avec bonheur que notre prise était toujours bien vivante et en état de continuer le combat !

Après une bonne demie heure de confrontation, nous avons commencé à voir le bout de son nez. Au fur et à mesure que notre discernement se précisait, l’excitation du bord montait. Une fois le poisson ramené au plus près du bateau, armé d’un croc, nous l’avons hissé à bord. Nous avons alors découvert un magnifique Thazard. La bête, encore vivante, quoi que bien fatiguée par la belle lutte qu’elle venait de livrer, a fini de s’étourdir avec la giclée de Rhum que nous lui avons mis derrière les ouïes. Après mesure, nous avons relevé… 1,30 m de longueur (la taille de Camille !) pour un poids estimé autour d’une trentaine de kg ! Après une bonne heure de découpe nous avons blindé les frigo et congélateur pour les repas de nos prochaines semaines…

Sinon, d’un point de vue navigation, après avoir passé 2 nuits à Saint Georges dont une dans la marina où nous avons vu des yachts incroyables, de très beaux monocoques et profité d’une piscine, nous avons remis le cap vers le nord pour initier notre remontée vers le Marin. Nous avons constaté hier à quel point il est difficile de remonter au vent en cata. Après 8 heures de nav à essayer d’arriver à notre destination pour la nuit, nous avons fini par craquer et mettre en route nos 2 fidèles moteurs pour faire route directe sur la baie de Tyrell et réaliser les 11 derniers miles.

Aujourd’hui, après une matinée studieuse pour les enfants, et de ménage/entretien du bateau pour les parents, nous avons été nous baladés en annexe au milieu de la mangrove de la baie de Tyrell à Carriacou : seuls et magnifique !