Rep Dom… nous voilà !

Jeudi matin, vers 5h, nous avons donc levé l’ancre de notre joli mouillage sous l’ilet du Gosier où nous avons passé près de 48h. Mer calme et sans vent, nous avons commencé la journée au moteur pour rejoindre la pointe sud-ouest du papillon guadeloupéen.

Vers 8h, les activités ont commencé ! Notre canne fétiche s’est mise à faire du bruit, signe que nous étions en train de prendre quelque chose. Cette fois-ci, nous avons ramené notre touche jusque sur le bateau et sorti une bonite d’une quarantaine de cm. Manon a décidé de prendre les choses en main, et après quelques regards dubitatifs, elle s’est équipée des gants et du couteau et a commencé par s’attaquer à la tête du poisson…. Après un peu de travail, nous avons obtenu 2 jolis filets qu’Elo nous a marinés dans une sauce soja avec des petits oignons, puis elle les a poilés pour qu’ils soient mi-cuits et servis avec du riz. Nous avons dégusté ce plat avant la mise en place de nos quarts nocturnes : divin !

La suite de notre première journée a été plutôt calme au niveau navigation. Après une petite demi-heure à la voile entre la Guadeloupe et les Saintes, nous avons été obligés de remettre les moteurs faute de vent. Vers 15h, il s’est finalement montré timidement et nous avons relancé le bateau toutes voiles hautes.

Plusieurs fois dans l’après-midi, nous avons eu le plaisir de voir revenir nos copains les dauphins. Nous ne les avions jamais vu aussi nombreux, aussi longtemps et aussi près du bateau. Certains sont venus nager et sauter entre les 2 étraves juste devant le bateau. Instants magiques !

Vers 19h30, une fois notre diner englouti et la nuit bien installée, nous nous sommes organisés pour notre première nuit de quart. A nouveau, la lune n’a quasiment pas été des nôtres. Elle n’est restée avec nous qu’une petite heure avec un tout petit croissant. Martin s’est installé pour le premier quart qui était également sa première expérience de quart de nuit. Je ne sais pas qui du père ou du fils a été le plus impressionné par la situation ! Observer son ptit loup de 11 ans accroché à sa ligne de vie prendre en main la destinée du bateau filant entre 7 et 9 nœuds par une belle nuit noire sous étoiles ne peut laisser indifférent ! Que de chemin parcouru pour notre ptit bonhomme, mélange de fierté et bonheur !

Allongé dans le cockpit en stand-by, j’ai pris la relève de Martin vers 21h30. Avec Elo, nous avons ensuite assuré la suite des quarts à la barre sans mettre le pilote afin d’économiser l’énergie de nos batteries.

Vers 5h30, le petit jour est apparu. Malgré nos efforts pour économiser notre énergie, l’utilisation de la centrale de nav pendant toute la nuit a pas mal tiré sur nos batteries. Afin de réduire encore notre consommation, nous avons donc décidé de naviguer pendant de larges plages horaires à l’ancienne… Fini donc les indications d’orientation et vitesse du vent, plus d’indication de vitesse du bateau non plus, il ne nous restait plus que notre bon vieux compas magnétique. Pendant ces 48h premières heures, nous n’avons pas été ennuyés par les voisins ! Hormis 2 navires de commerce, nous n’avons pas croisé un seul bateau de plaisance. Seuls au monde !

Petit à petit la vie hauturière s’est organisée. Les siestes diurnes permettent de récupérer le sommeil de la nuit précédente et d’attaquer la seconde plus en forme !

Après une seconde nuit sans histoire, si ce n’est que nous avons dû mettre les moteurs en route vers 1h faute de vent, nous avons attaqué notre troisième journée. Désormais au large de Porto Rico, nous avons croisé plusieurs bateaux de pêche toutes cannes dehors.

Le vent restant assez faible et orienté plein vent arrière, nous décidons d’installer le genaker. L’envoi de cette belle voile d’avant n’a pas fait revenir le vent, mais nous a permis de naviguer tout l’après-midi en voiles ciseaux sous pilote. Beau spectacle et impressions très sympas de prendre sa douche en observant par le capot de la salle de bain la voile ballon bien gonflée en train de faire son boulot…

Nous avons affalé le genaker en fin de journée avant la nuit et avons été obligés à nouveau de relancer les moteurs. Le vent n’a pas dépassé les 8 nœuds jusqu’à notre arrivée au large de l’île de Saona au sud de la République Dominicaine.

Une fois nos démarches d’entrée dans le pays effectuées à la marina de La Romana, nous sommes allés mouiller à Bayabé situé à quelques miles.

Les palmiers, le sable blanc et l’eau cristalline sont bien là, nous allons les voir de plus prés….