La Mona retour : difficile !

Nous avons bien profité de notre nuit à la marina de Puerto Bahia samedi dernier. Une petite régate a été organisée ce même week-end, amenant un peu de vie dans ce port très très calme. Cet évènement nous a permis de rencontrer des français expats en Rep Dom depuis plus de 15 ans ainsi qu’un bateau avec un équipage de jeunes bretons très sympas venus rendre visite à leurs parents. Samedi soir, toute la petite famille s’est incrustée à la soirée régate et a largement fait honneur au buffet… Bonnes discussions sur les expériences des uns et des autres et les rencontres ou connaissances communes que nous pouvions avoir.

Le lendemain, nous avons tranquillement suivi à la radio, entre la piscine et le bateau, le dénouement de l’acte 1 de la campagne présidentielle, puis nous nous sommes préparés à larguer les amarres.  Le départ a été un peu accéléré, car à 16h45, le sergent-chef de la marina est venu me voir en m’indiquant qu’il fallait dégager avant 17h car il n’est pas autorisé de naviguer la nuit près des côtes. Nous avions prévu de partir en fin de journée afin d’attendre une baisse des vents que nous allions avoir en plein dans le museau et pouvoir aborder le lendemain, le passage de la Mona de jour. Amarres larguées par nos camarades bretons, nous avons pris la mer sous un ciel couvert et pluvieux. Nous avons ensuite mis le cap plein Est, avec vent et vagues contre nous. Cette allure inconfortable ne nous a pas quittés pendant une vingtaine d’heures faites au moteur. Nous avons ensuite pu envoyer les voiles et retrouver une allure plus agréable avec un bateau passant mieux les vagues et avançant plus vite.

Pendant la trentaine d’heures qu’a duré ce retour, nous avons tous vécu dans les 5m² du cockpit extérieur qui a principalement servi de dortoir. Camille est restée blottie sur la banquette avec pour seule nourriture : son pouce et son doudou. Martin et Manon se sont succédés pour honorer le sceau toutes les 2 heures ce qui n’a toutefois pas empêché Bonhomme de tenir son quart… Elo et moi, nous sommes relayés à la veille ou à la barre. Niveau bouffe, on s’est forcé à se baffrer de gâteaux et bananes sans grande envie… Pendant ces quelques heures de barre, je n’ai pu m’empêcher de penser aux marins, aux vrais, qui naviguent dans des conditions, des lieux et pendant des durées qui n’ont rien à voir avec tout ça : ceux sont bien des sur-hommes ! Chapeaux bas et respect !

Vers minuit dans la nuit de lundi à mardi, nous avons finalement fini par arriver à notre mouillage fétiche et désert que nous connaissons bien en face de l’ile de Saona (Catuano) où nous avons pu balancer l’ancre et… aller dormir !

Nous avons ensuite passé une semaine tranquille faite de formalités administratives (Despacho), avitaillement, CNED/cours, cuisine des enfants, cabane version 12 et balades sur l’ile Saona. Nous devrions partir dimanche pour Puerto Rico.